Il y a les matins où l’on a mille choses à raconter. Et ceux où l’on voudrait simplement ouvrir son ordinateur et avancer au calme. Les dossiers qui se débloquent autour d’un café, les appels qu’on préférerait passer sans public, les déjeuners où l’on refait le monde avec ses collègues.
Tout cela fait partie de la vie d’une entreprise. Et tout cela demande une place.
L’aménagement des espaces de travail doit pouvoir accueillir cette diversité : nos activités, nos échanges et nos différentes façons de nous sentir bien.
Pourtant, on attend parfois d’un même bureau qu’il accueille les conversations, protège la concentration, reçoive les clients et reste impeccable. Il fait ce qu’il peut. Les personnes aussi.
Ce qui m’intéresse dans l’aménagement d’un espace de travail, c’est cette vie qui va s’y dérouler. Ce que le lieu doit permettre, bien sûr, mais aussi ce qu’on éprouve en poussant la porte, en s’installant à son poste ou en recevant quelqu’un.
Comment faire cohabiter ces besoins, sans demander à chacun de prendre sur lui toute la journée ?
Chaque projet commence par une discussion, le vôtre aussi.
Discutons de votre projetAu bureau, être ensemble sans être disponible à chaque seconde
Pouvoir demander un avis à un collègue, partager une idée encore un peu floue, rire entre deux dossiers : cette proximité a quelque chose de précieux. Jusqu’au moment où l’on essaie de terminer un travail pendant que trois conversations se croisent autour de soi.
On peut aimer son équipe et avoir besoin de fermer une porte.
L’aménagement des espaces de travail peut donner cette liberté. En rapprochant les personnes qui travaillent ensemble, en éloignant les passages des postes qui demandent du calme, en prévoyant un endroit où parler sans gêner ni être entendu.
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Il n’est pas forcément nécessaire de tout décloisonner ou d’abandonner les bureaux attribués. Il faut comprendre les relations entre les personnes et les activités, puis leur donner une traduction dans l’espace.
Un lieu commun peut laisser de la place au retrait.
Aménager les bureaux sans pousser les gens les uns contre les autres
Un sac posé dans le passage, des dossiers qui gagnent du terrain, une chaise qu’il faut déplacer pour ouvrir un placard… Le manque de place se manifeste parfois dans des gestes minuscules, répétés chaque jour.
Avant de conclure qu’il faut déménager, je veux comprendre ce qui encombre réellement le fonctionnement du lieu.
Manque-t-il des mètres carrés ? Des rangements au bon endroit ? Une pièce pour recevoir ? Certaines surfaces sont-elles peu utilisées parce qu’elles sont mal équipées ou peu agréables ?
Revoir une implantation, libérer une circulation ou réaffecter une pièce peut ouvrir des possibilités. Mais chaque mètre carré n’a pas besoin d’être rempli pour être utile. Pouvoir reculer sa chaise, se croiser facilement et laisser son regard porter un peu plus loin fait aussi partie du confort.
La sensation d’espace mérite autant d’attention que le nombre de postes sur le plan.
Avoir plaisir à se retrouver, et le droit de souffler seul
Il y a cette grande table autour de laquelle la conversation se prolonge. Ce fauteuil près de la fenêtre que l’on choisit pour feuilleter un document. Cette banquette un peu enveloppante où l’on vient se poser quelques minutes.
Ces endroits donnent une autre respiration à la journée. Ils permettent de changer de posture, de point de vue, de compagnie aussi.
Mais une pause n’est pas toujours un moment collectif.
Après une matinée d’appels ou de rendez-vous, on peut avoir envie de calme. J’aime concevoir des espaces où l’on peut rejoindre les autres sans être obligé de rester au milieu de tout.
Cela se joue dans l’emplacement, l’orientation des assises, la lumière, les matières, la manière de ménager un retrait. Une alcôve peut créer une sensation d’intimité ; pour une conversation confidentielle, il faudra aussi une véritable protection acoustique.
Et puis il y a le plaisir. Une couleur qui réveille le coin café, un tissu agréable, une vue vers l’extérieur… Ces attentions comptent. On peut être très sérieux dans son travail et apprécier un lieu qui ne se prend pas trop au sérieux.
Encore faut-il que cette convivialité trouve sa juste place : si chaque pause café se déroule à deux mètres d’une personne qui essaie de se concentrer, le charme risque de s’épuiser.
Reconnaître l’entreprise, sans effacer ceux qui y travaillent
Pourquoi les bureaux devraient-ils ranger leur personnalité au vestiaire ?
Un lieu de travail peut avoir de la couleur, des matières expressives, un détail inattendu. Une brique que l’on conserve, une bibliothèque où se mêlent livres et objets de l’équipe, une teinte franche qui accompagne le chemin vers l’accueil : autant de façons de raconter qui travaille ici.
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La surprise peut être discrète ou plus affirmée. Elle trouve sa place lorsqu’elle raconte quelque chose de l’entreprise et s’accorde avec la vie du lieu. Un espace d’échange peut avoir de l’énergie ; un poste où l’on passe plusieurs heures demandera d’autres attentions.
C’est là que mon regard de scénographe rejoint celui de l’architecte d’intérieur : travailler ce que l’on découvre, les perspectives, les ambiances que l’on traverse, tout en gardant les usages comme point d’appui.
Cette identité commune doit aussi laisser chacun trouver sa place. Pouvoir ajuster sa lumière, disposer d’un rangement accessible, s’installer à un poste moins exposé aux passages… Ce sont des attentions très concrètes, qui participent elles aussi au sentiment d’être bien accueilli.
J’ai envie que l’on reconnaisse l’entreprise en entrant, puis que l’on sente qu’il y a de la place pour les personnes qui la font vivre.
Imaginer la suite, sans tout remplacer aujourd’hui
Une entreprise évolue. L’équipe grandit, les habitudes changent, de nouvelles activités apparaissent. Le lieu doit pouvoir accompagner ces mouvements, dans la limite d’un budget bien réel.
Cela demande de regarder ce qui mérite d’être conservé, ce qui gêne déjà et ce qui pourrait devenir une contrainte demain.
Un meuble peut retrouver sa place ailleurs. Une pièce peut accueillir une nouvelle fonction. À l’inverse, certains travaux moins visibles, comme l’acoustique ou les réseaux, méritent un investissement dès le départ.
Tout rendre mobile n’est pas forcément utile. Je préfère que chaque possibilité d’évolution corresponde à un besoin plausible, plutôt qu’à une promesse de modularité sur le papier.
On peut faire évoluer un lieu en gardant ce qui lui donne déjà du caractère.
Quand je pense un espace de travail, j’imagine autant les moments d’échange que les heures silencieuses. La personne qui arrive pour la première fois et celle qui connaît chaque recoin. Ce qui facilite leur journée, ce qui les fatigue, ce qui leur fait plaisir.
C’est cette vie-là que j’ai envie de mettre en scène : des lieux avec une identité, où l’on travaille dans de bonnes conditions et où l’on prend plaisir à se retrouver.
Vous envisagez de repenser vos locaux ?
Découvrez mon approche de l’architecture intérieure des bureaux et des espaces de travail.
Et dans vos bureaux, qu’est-ce qui vous fait du bien… et qu’est-ce que vous supportez simplement par habitude ?
C’est peut-être par là que notre échange peut commencer.

